Près des rives d’Ilion

Publié le par Lionel Droitecour

Pietro Paolo Rubens, (1577 -1640), La chute d'Icare, détail

Pietro Paolo Rubens, (1577 -1640), La chute d'Icare, détail

Je passe chaque jour devant l’aéroport,
Le train marque l’arrêt, j’aperçois un avion,
Au sol, ou parfois même en la piste d’envol.
Et puis le train repart et je ferme les yeux.

Je n’ai jamais rêvé de parcourir les cieux,
La pensée m’en suffit, au-delà de tout dol.
Jadis, en sa folie, prés des rives d’Ilion,
Icare en sut le prix aux livrées de la mort.

Naguère en mon sommeil, je fus tel un oiseau,
Nul bruit, nulle carlingue, nul mortel artifice,
Rien que mon âme offerte aux glissades du vent,
Et mon œil tout emplit d’une intime splendeur.

Le voyage ramène à sa propre rumeur,
On reste soi partout, et médiocre, souvent.
Face à l’ailleurs, toujours, notre pose est factice,
Et l’ego sans stupeur n’est qu’un morne rideau.

janvier 2014

Publié dans Sensation

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L
Je suis de le train entre Montpellier et Strasbourg,toujours la même oui mais transformée et bousculée ou chamboulée tout de même par ce stage de 4 jours à psychasoc .Une belle place été donnée aux poètes...
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I
"Naguère en mon sommeil, je fus tel un oiseau,
Nul bruit, nulle carlingue, nul mortel artifice,
Rien que mon âme offerte aux glissades du vent"
Ceci évoque en moi les sorties de corps encore nommées "voyage astral", que j'ai longtemps cherché à accomplir avant de réaliser finalement qu'il n'était pas bon de forcer les choses...
Depuis je me contente du plancher des vaches et de quelques excursions dans les carlingues que tu cites, mais comme le chante si bien Michel Polnareff dans "Holidays" :
"... Holidays, oh holidays
C'est l'avion qui habite au ciel
Mais n'oublie pas, toi si belle
Les avions se cassent
Et la terre est basse
Holidays"
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