Vingt et un juin

Publié le par Lionel Droitecour

Vingt et un juin

À grand renfort de bruit on fête la musique,
Et c’est un borborygme saturé d’amplis,
Une plainte électrique déchirant l’azur,
Raffut de circonstance en assourdissements.

Il semble qu’on voudrait défier les firmaments,
Hurler plus fort, ainsi, contre la mort rassure,
Et il n’est aux cités plus le moindre repli
Qui ne résonne ou pulse en sa laideur rythmique.

J’aimerai en ce jour cueillir la tendre fleur,
L’enfance émerveillée du rameau d'une flûte,
Un silence animée comme songe un ruisseau.

Hélas, une vidange emplit le caniveau,
Décibels en débauche où se mire la brute,
Carnaval à l’encan où la musique meurt.

LD, 21 juin 2012

Publié dans Musique

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Ironbird 22/06/2014 13:49

J'adore le poème et l'image qui l'illustre ! :-)
C'est en gros mon avis sur la Fête de la Musique, qui au départ était certainement une bonne idée, avant d'être dévoyée et avilie... comme la plupart des choses.
"J’aimerai en ce jour cueillir la tendre fleur,
L’enfance émerveillée du rameau d'une flûte,
Un silence animée comme songe un ruisseau."
Ces magnifiques lignes nous rappellent avec bonheur que le beau et le noble sont toujours présents en filigrane, prêts à être redécouverts derrière la vulgarité ordinaire.

Ironbird 23/06/2014 10:41

Super, ce Monsieur Bruit, je confirme !
Interdire la musique amplifiée, pourquoi pas, ou alors la cantonner en des endroits bien spécifiques où les amateurs pourront faire le plein de décibels et de sonorités bien grasses.
Ça éviterait aux harmonies plus légères d'être noyées dans des typhons - ou siphons - sonores !

Lionel Droitecour 22/06/2014 15:41

L'image, c'est le "Monsieur bruit" des livres pour les petits, colorisé par mes soins depuis un site de coloriage pour les minots. N'est-il pas rubicond à souhait ?
J'ai la nostalgie de la toute première fête de la musique à la quelle j'ai assisté et participé en tant que choriste amateur. C'était improvisé, aérien et joyeux malgré la pluie. Hélas, dès l'année suivante la grosse artillerie en décibel est arrivée, postée aux quatre coins de la ville.
Adieu le charme et l'innocence, vive le tintamarre.
Je suis de ceux qui pensent qu'on devrait interdire toute forme de musique amplifiée. Comme ça au moins chacun pourrait se faire entendre sa mélodie, en toute diversité, sans empiéter sur celle du voisin....