Raphaël

Publié le par Lionel Droitecour

Raphaël

Enfant, tu avais l’air bonhomme et sûr de toi,
Hâbleur et grande gueule, un rien râleur, sournois,
Qui te carapatait, en douce, dans mon dos,
Après avoir chipé, odorant et bien chaud

Le pot de confiture imprudemment laissé
À tiédir à portée de ta mine alléchée.
J’aimais te soulever, te prendre, t’attraper
Te hisser dans mes bras, feindre de te lâcher

Pour le plaisir de jouer des cascades de rire
Comme joue sur la corde un archet que l’on tire.
Et, dans ces courts moments, dans cette parenthèse

Où s’inscrivait le cours d’un bonheur facétieux,
Nous allions gentiment quérir les jours heureux
En l’harmonieux séjour où tu prenais tes aises.

juillet 2006

Publié dans Autobiographie

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