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Publié le par Lionel Droitecour

Cherchez l'auteur...

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Te souviens-tu, gamin, tes leçons de calcul,
De la lourde hébétude en ces journées d’hivers,
Au giron d’une classe, alors ton univers ?
On y voyait le gel, mauvais, derrière la vitre,

Épier l’écolier, penché sur son pupitre.
Tu avais peur du maître, austère, en blouse grise,
Malgré ton bon vouloir, la table bien apprise.
Timide, s’il fallait, bafouillant, ridicule,

Répondre à la question, debout devant la classe,
Comme déshabillé par le regard des autres.
Éperdu, malheureux, tu restais silencieux,

Cloué au pilori pour compter deux fois deux.
Et le temps déroulait ses tristes patenôtres
Quand tu courbais le dos, en lorgnant vers ta place…

janvier 2006

 

Publié dans Autobiographie

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I
Un regard profond, empreint de gravité mais aussi d'une (déjà) grande lucidité sur le monde, l'auteur ne serait-il pas au 1er rang à gauche ? On pourrait dire : loin de la fenêtre mais pourtant proche de la lumière ! :-)
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I
Nos vies (et vues) ont un point commun, moi c'est à l'âge de 9 ans qu'on s'est aperçu que je n'y voyais pas d'un œil - "Trop tard... on fera mieux la prochaine fois !" :-)
Tu es donc passé d'un monde flou à un monde fou, contre ça nulle correction n'a encore été trouvée...
Que porte-t-on de soi-même en devenir lorsqu'on est enfant, très bonne question... On amène quelque chose, c'est sûr, mais quoi et d'où ? Répondre à cela sans avoir clairement vu et vécu la réponse serait citer des livres, des enseignements, des dogmes, des notions comme le destin, la réincarnation, le karma, la chance, le hasard... la vérité est certainement un mélange subtil de tout cela, même si je ne crois pas trop en la chance ou le hasard !
Que serions-nous devenus si nous étions nés sous une tente dans une famille de bédouins ? Sans-doute rien, vu que nous n'avions rien à y faire ! :-)
L
Droite cour premier rang à gauche...
Bien vu. Quand à la profondeur du regard, sache qu’à l’époque j’étais déjà fort myope, mais j’en ignorais tout. Il m’apparaissait donc tout naturel que le monde soit flou. L’instituteur a mis fin à cet état de chose en signalant à mes parents que si je me tordais le cou et plissait si fort les yeux quoique au premier rang, c’est sans doute qu’il y avait une bonne raison
Mais que porte-t-on de soi-même en devenir, lorsque l’on est enfant ?