Le blanc seing

Publié le par Lionel Droitecour

Francisco Goya, (1748-1828), Les Parques

Francisco Goya, (1748-1828), Les Parques

Rien de plus que l’instant : c’est notre seul viatique !
Il n’est point d’échappée à cette loi suprême,
Qui nous prend et nous porte en son vain stratagème
Pour nous laisser perclus dans le soir sarcastique.

Qu’aies-je fait de ce temps où je puisais naguère
Comme dans l’outre pleine et à la régalade,
Riant lorsque le ciel, de sa lippe maussade
Balayait ses nuées sur mon cœur en jachère ?

Hélas il est enfuit, la montre m’épouvante,
N’est ce pas un linceul, au loin, qui se tricote
En la danse macabre a l’œil rond de l’horloge ?

Je m’invente un blanc seing où mon âme déroge,
Pourtant nul sauf conduit pour la Parque, dévote,
Dont l’aveugle ciseau claque en l’heure suivante.

Lionel, 30 septembre 2010

Publié dans Le temps

Commenter cet article