Vermine

Publié le par Lionel Droitecour

Ce masque de carnaval morbide n'est qu'un asticot, vu de très, très près...

Ce masque de carnaval morbide n'est qu'un asticot, vu de très, très près...

Un asticot jaloux de mon rire mortel
S’en vint se balader entre lèvre et gencives
Y cherchant le secret qui me faisait chanter.
Hélas, j’étais crevé et pour toujours je crois !

Fuis, vermisseau, va-t-en chercher ailleurs la joie,
Ce n’est qu’un macchabée que tu t’en viens hanter,
Tu erras, pure perte, en mes veines, coursives
Ici n’habite plus qu’un remord éternel.

Certes, j’aurais dansé, encore, une gavotte,
Importuné le ciel de mon rire imbécile
Et tourné en bourrique église et son ministre !

Hélas ! À tout jamais dans ce séjour sinistre,
Vermine, je te sens ramper, pauvre fossile :
Sans yeux, larme ni cil, langue, palais ni glotte !

avril 2010

Publié dans La camarde

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I
Excellent, voilà un poème qui fait mouche ! :-)
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I
Ton blog doit faire office d'anti-rouille pour mon esprit, si je pouvais trouver la même chose pour le corps ce serait parfait ! :-)
L
L'oiseau de fer n'est pas une girouette rouillée, mais plutôt un oiseau de feu ! C'est un plaisir de converser avec toi par blog interposé. C'est un honneur de compter parmi mes rares lecteurs une plume aussi acérée que la tienne, et ce à tous les meilleurs sens du terme...
Concernant mes errances orthographiques je te conseille, sur ce blog, "Là, dit qu't'es", à rechercher dans le répertoire, tu comprendras mieux mes affres. Il y a aussi "Conjugaison" sur un mode humoristique...
I
Mortel à terme, sans l'ombre d'un doute !
Du coup j'ai presque envie de faire don de mon corps à la science, au lieu de servir de vain support à la quête initiatique de quelque vermisseau en mal d'illumination je serai debout sereinement au fond d'une classe et contemplerai les progrès incertains d'une marmaille qui me rappellera que moi aussi, un jour, me suis bourré mon crâne maintenant vide de choses inutiles...
Et tant pis si l'on me nomme Arthur ou d'un autre sobriquet qui n'était pas le mien, j'aurai déjà compris depuis belle lurette que ce que je croyais être n'était, au fond, qu'une vaguelette sur le vaste océan de la sérénité...
L
Il est mortel, tu veux dire !