Snack

Publié le par Lionel Droitecour

Snack

Le snack au matin gris ressuie nos rêveries,
En miettes, sur la table, aux trames d’un départ ;
En une défraîchies, aux cafés attiédis,
Sont traces de nos vies d’où le temps, nu, s’enfuit.

Bruit de pas, bruit de voix, de vaisselles, vapeurs,
Odeurs, humeurs, rumeurs en brouhahas discrets,
Chansonnettes sans joie qu’on ne murmure pas,
Où va, pâle, notre âme happée par la journée ?

Frivole parabole, obole aux lieux communs,
Ici, des habitués tentent, vains, d’exister
Dans l’échange des mots qu’on dit pour se cacher.

« Et puis, tiens, à demain ! » Demain port incertain,
Voyage, solitude où l’on perd son latin,
Au matin que l’on prie, au fond d’un snack, aigri.

novembre 2009

Publié dans Sensation

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I
Belle description de ces lieux où l'on essaye parfois de fuir sa solitude, bien en vain... On croirait presque en humer l'odeur et en entendre les sons !
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L
J'ai toujours été mal à l'aise, dans ce genre d'endroit.
Paradoxalement ces lieux n'offrent en général qu'une convivialité de pacotille, et chaque individualité s'y enferre dans sa bulle de solitude.
Tu connais sûrement le snack Michel à Strasbourg. C'est cet estaminet qui m'a inspiré ce poème, un jour qu'en avance à une de nos rencontres DS/DP, je n'avais pas trouvé d'autre arène pour tuer le temps.
Mais le temps à survécu, pour l'instant...