Salope

Publié le par Lionel Droitecour

Istvan Orosz, né en 1951, Kecskemét, Hongrie, illusion d'optique, d'après Pieter Bruegel l'ancien

Istvan Orosz, né en 1951, Kecskemét, Hongrie, illusion d'optique, d'après Pieter Bruegel l'ancien

Salope, tu me tournes autour,
M’encerclant comme le vautour,
Et, souvent, pour mieux me narguer,
En ma déroute viens arguer

Ton monologue d’infamie.
Tu m’appelles, comme une amie,
Salope et tu veux me tenter
Lorsque j’erre, déconcerté.

Mais ce n’est pas pour aujourd’hui
Salope et dégage d’ici !
Tu m’auras, c’est sûr, un beau jour ;
De ma défroque et mes atours

En riant comme la crécelle
Tu te saisiras bien, cruelle !
Faut-il encor que je t’y aide ?
As-tu besoin que je précède

Le geste auguste de ta faux,
Salope, qui troue mon cerveau
Quand le chagrin mord ma douleur
Dans la disette et le malheur ?

septembre 2007

Publié dans La camarde

Commenter cet article

J
C'est l'amie qu'il vous faux...
Répondre
L
Mââââââgnifique ... !!!
I
Salope, salope... En apparence sans-doute, cher ami, mais cette faucheuse impitoyable est-elle vraiment ce que nous croyons, ou au contraire une amie fidèle et dévouée, qui nous restera fidèle quoi qu'il arrive ? A condition bien sûr que nous l'acceptions pour ce qu'elle est, un simple changement d'habit pour un grand voyage dans des sphères oubliées...
Répondre
I
Merci de ces éclaircissements, mon esprit sans doute un peu embrumé n'avait pas perçu la nature exacte de ce merveilleux poème ! :-)
Des départs prématurés j'en ai connu pas mal, famille, boulot, et en effet à chaque fois on se demande "Mais pourquoi ?" tout en étant au fond de soi conscient que personne n'est à l'abri de moments de découragement voire de désespoir...
Alors bien sûr ces terribles tentateurs aux sourires édentés existent, ils savent même se faire très séduisants et aguicheurs lorsqu'ils nous sentent vulnérables, mais ce ne sont sans doute que des entités sombres qui se trouvent en nous ou autour de nous, créations mentales ou parasites qui nous volent notre joie de vivre, notre énergie et parfois aussi malheureusement notre vie terrestre, mauvais génies des contes et légendes que notre propre chute et notre ignorance des mondes invisibles ont appelés voire créés...
"L'homme est le bétail des dieux" disaient les grecs anciens, le but de nos vies est de nous libérer de ces faux dieux pour retrouver la vraie Divinité en nous, alors nous pourrons dire le moment venu dans un grand éclat de rire :
"Mort, où est ta victoire ?"
L
Le thème de ce poème est cette tentation qui nous vient, parfois, dans les moments de découragement, de devancer l'appel... Nous savons toi et moi, de par les tristes réalités de notre vie de travail, que beaucoup l'on fait, que beaucoup y songent.
Amie, peut-être, mais salope tout de même, qu'il convient de renvoyer dans les cordes quand elle se présente à nous avec son horrible sourire édenté.
L
A voir aussi
csontvari istvan tivadar
Répondre