Rue de l’observatoire

Publié le par Lionel Droitecour

Lea Vivot (1989) Le banc du secret, Montréal

Lea Vivot (1989) Le banc du secret, Montréal

Un garçon, une fille, assis, là, sur un banc.
Ils font salon à ciel ouvert, en se causant,
À demi-voix et les yeux dans les yeux - de quoi ?

Près de l’observatoire, au giron de la ville,
Je sais un lieu désuet, retiré et tranquille
Où j’invite, rêveur, la muse, quelquefois.

Volage elle y est moins, folâtre sans façon
Qui répète au poète, inepte, sa leçon.
Elle mire en ma rime un sourire narquois,

Plaisante à mon effort et, lorsque je griffonne
Hâve, son trait d’esprit, l’alerte fanfaronne,
Murmure à mon oreille et compte sur mes doigts.

Je disserte, bavard en mes jardins secrets,
Ignoré des amants, je pérore ; discrets,
La mine et le papier s'échangent mes émois.

J’adresse mon discours à l’arbre qui s’effare,
Au canard circonspect qui barbote en sa mare,
À l’air du temps, qui passe et qu’on retient, parfois.

avril 2005

Publié dans Art poétique

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