Où le vent tourbillonne

Publié le par Lionel Droitecour

Claude Monet,(1840-1926), les coquelicots à Argenteuil

Claude Monet,(1840-1926), les coquelicots à Argenteuil

Il est sur les talus de rouges fleurs sanglantes,
En les abords de juin innombrables et franches,
Est-ce, tragiquement, l’œil des assassinés
Qui viennent au printemps susciter les regards ?

Ceux d’un rêve brisé, qu’on disait communards,
Ceux de la grande guerre aux bataillons ruinés,
Ceux des camps de la mort, comme feuilles aux branches,
Décimés d’ouragan dans des gueules béantes ?

Est-il au monde assez de pourpre dans nos mains
Pour encenser l’autel des massacres humains ?
Et ces brassées de mai que le soleil couronne,

Grêles corolles nues où le vent tourbillonne,
Ont-elles assez de cris, dans leurs muettes suppliques,
Pour éveiller, au cieux, les chœurs mélancoliques ?

mai 2012

Publié dans Citoyen

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