Nocturne

Publié le par Lionel Droitecour

Nocturne

1.
Là où jouaient des gamins s’ébattent des oiseaux.
Les pirouettes des filles, les cris des garçons
Sont dissouts dans les airs et dans le soir distant.

Le calme de nature environne l’instant
D’une grâce précieuse, en la lenteur des sons
Qui montent des lointains où pleurent des ruisseaux.

Pingre, dans son déclin, masquant ses oripeaux,
Dans l’ombre où passe encor quelques vagues frissons,
La nuit s’en vient au monde au chevet d’un enfant.

2.
C’est l’adieu fraternel des ivresses solaires
Au miroir de la lune en son regard d’argent :
Passe le solitaire, il s’éprend de sa paix.

Au clair de son désir il devient portefaix
En ce manteau d’amour qui demeure indigent,
Et ce vaste silence, aux fragrances grégaires.

En la rumeur des âmes humbles, solitaires
Monte un songe porté par ce chœur indulgent,
Fluide dans l’univers d’un sang toujours épais.

3.
Comme un néon blafard, atone vérité
Nous semble approfondir un abîme, alentour,
L’homme, penseur hautain, vibrionne en la nuit.

Particule brassée, dans l’espace, sans fruit,
Il lui vient le regret des parades du jour,
Dans la froide rigueur de cette obscurité.

Le sommeil est spécieux dans sa fugacité,
Dérisoire recours du sombre désamour,
Déversé sans retour au seuil de notre ennui.

Juillet 2006

Publié dans Amour

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