Monuments aux morts

Publié le par Lionel Droitecour

Monuments aux morts

Les Jules, les Marius, les Constant, les Victor,
Les Siméon, Albert, Séraphin ou Hector
Ces vieux prénoms gravés, qui les regarde encore
Aux coeurs de nos cités que leur marbre décore ?

Naïf est l’apparat des monuments aux morts,
Mémoriaux glorieux filant la métaphore
En poses convenues, engluées dans l’effort
D’artistes laborieux dénaturant les corps.

Sacrifice ! Patrie ! Lit-on en lettres d’or
Mais où est la pitié, où donc est le remord
Pour tant de vies fauchées par le mépris des forts ?
Les généraux, ces gueux, kaiser, imperator

Brisent ces destinées que des femmes déplorent
D’un geste de la main, stratèges qui pérorent
Et, du champ de bataille en leur état-major
Aux cartes, sans effroi, dessinent les abords ;

Quand, en la flamme nue du feu qui le dévore
L’homme désespéré que la mitraille fore
En l’ultime sanglot maudit son triste sort :
« Maudite soit la guerre, immonde guerre, à mort ! »

septembre 2008

Publié dans Citoyen

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