Hussard

Publié le par Lionel Droitecour

Théodore Géricault, (1791-1824), un hussard chargeant

Théodore Géricault, (1791-1824), un hussard chargeant

La mort tue la mort même et nous n’y seront plus
Pour vaquer au tombeau devant l’heure mortelle.
Hélas, enfin dissouts nous serons le silence,
Roides comme la pierre et froids comme le marbre.

Comme un hussard hautain, pâle manieur de sabre,
Le trépas vient faucher notre morne arrogance
Et, matière soudain, le corps se déficelle
Comme ce nœud défait où nous fûmes reclus.

Fumée d’éther, alors, nichée aux firmaments,
Volutes épandues dans le néant probable,
Nous ne sommes plus rien, sinon qu’un souvenir.

Et, déboires passés, mémoire en devenir,
Ce qui reste de nous, desservis de la table,
S’égare, peu à peu, en de longs glissements.

mai 2010

Publié dans La camarde

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