Entre chien et loup

Publié le par Lionel Droitecour

Entre chien et loup

Quand j’aurai terminé la liste minuscule
De mes petits bonheurs, je poserai ma plume
Puis j’attendrai, serein. La liste n’est pas longue
Et brève ma musique... On peut durer encor

Quand perdure l’enfance au chevet de ce corps,
Mais le temps qui s’enfuit, aux mornes coups de gong
Où l’horloge martèle un fer sur notre enclume,
Futile, mène enfin le jour au crépuscule.

Lors, entre chien et loup sous le baiser des vents,
Ajoncs, roseaux chétifs dormant aux pieds d’un saule,
Peuple éphémère et nu, papillonnant en vain ;

Nous sentons, dans la nuit où meurt un lendemain,
Se détacher l’amarre et, vague sur le môle,
Appareiller l’esquif où sont nos cœurs absents.

septembre 2007

Publié dans La camarde

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