En l’éternelle donne

Publié le par Lionel Droitecour

En l’éternelle donne

C’est moi qui donne temps au temps,
Moi qui façonne ma seconde,
L’horloge c’est mon corps battant
Qui fait ses bonds en cette ronde.

Il ne passe pas ni s’enfuit,
C’est moi qui m’use et me délite,
Où chaque jour porte son fruit
Délétère où la mort s’invite.

Il ne sert à rien d’en gémir,
Sème ta joie en ton jardin,
Demain il t’y faudra gésir,
Tu n’es qu’un rêve, baladin.

C’est comme une onde qui s’épand
Jusqu’aux abords de l’infini,
Elle t’y mène, puis suspend,
Puis t’abandonne, cœur transi.

Là, dans la courbe de l’espace
Où le temps n’est que dimension,
Qui sait ou réside la grâce
Dans l'univers en expansion
 ?

Livide matière en ce vide,
Qui se défait puis recompose,
Notre âme sans secours s’évide,
Lentement, se métamorphose.

Suis-je dans l’humble chrysalide
Un papillon aux ailes d’or,
Promesse en un désert aride,
Où dans l’azur un vain remord ?

C’est moi qui donne temps au temps,
Ma seule battue qui l’ordonne,
Inconstance dans le constant,
Fugace, en l’éternelle donne.

décembre 2013

Publié dans Le temps

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