Ecumes et runes

Publié le par Lionel Droitecour

Albert Hartweg, En lisière de crête, aquarelle

Albert Hartweg, En lisière de crête, aquarelle

Les nuages sans fin s’amassent sur nos têtes
Et les beaux jours d’été ne sont qu’un souvenir.
Crois-tu, mon cœur, encor, crois-tu en l’avenir
Où la vieillesse vient qui passe sur nos crêtes ?

Demain n’est rien qu’un mot qui, vaguement t’inquiète ;
Où donc à fuit la rose au vieux Ronsard si chère,
L’ivresse des matins en nos veines, chimère :
Le soir nous interpelle en l’ombre qui nous guette.

L’hiver est devant nous en son âtre fumeux,
Il a blanchit nos fronts au gel du désaveux
Et la ride s’invente où naissait un sourire.

A nos lèvres serrées le fiel de l’amertume
Sourd en la solitude où notre âme soupire,
Des runes d’un bonheur, une improbable écume.

avril 2008

Publié dans Amour

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