Continuum

Publié le par Lionel Droitecour

Continuum

Encore un jour passé, maussade sur ce cœur,
La joie ni le malheur n’ont accosté ma rive,
Il n’est là qu’eau dormante en calme profondeur,
Et tout n’est que latence en mon souffle changé.

À moi-même, pourtant, je me sens étranger,
Inerte vagabond aux pas de l’émondeur,
Ce temps, qui nous soumet, nous lasse et nous déprive
Et même au doux printemps nous blesse et nous écœure.

C’est donc cela, vieillir ? Perdre le goût de soi,
Jusques en nos plaisirs user le vain carquois
Où la flèche du tendre émousse son attrait ?

Et plus rien n’espérer en nos déroulements
Que ce contour exact, encore, et trait pour trait,
Continuum épars de nos mornes moments ?

février 2012

Publié dans Le temps

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