Maraudeur

Publié le par Lionel Droitecour

Maraudeur

La marelle, c’était les filles,
Les garçons, nous jouions aux billes,
Aux gendarmes et au voleurs,
Jusqu’aux sonnettes des quatre heures.

Mais moi je n’aimais pas l’école
Et lorgnais, loin des farandoles,
Ceux dont je craignais les risées,
Les bourrades et les visées.

J’ai appris que le monde est laid
Dans les cours de récréation,
Enfance trop tôt dessalée ;

Et je cachais mes émotions
Inquiet, vivant à petit bruit,
Maraudeur dérobant son fruit.

janvier 2011

Publié dans Autobiographie

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I
On peut être très seul, dans une cour de récré, lorsqu'on se sent différent...
Je me rappelle en effet des billes et des compétitions absurdes qu’elles engendraient, compétitions que je ne devais pas maîtriser vraiment car mes plus beaux spécimens avaient une fâcheuse tendance à changer de main assez rapidement... ce qui a fait que bien vite les billes sont devenues pour moi un plaisir solitaire de plus !
Du coup, en y repensant, une question quasi existentielle me taraude : aurais-je été plus adroit à la marelle ? :-)
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L
Ah, les cours de récréations... C'est un microcosme du monde en devenir, et il est sans tendresse, autant que sans hypocrisie. S'y dessine déjà les personnalités, et il y a des petits tyrans de recré, des chefaillons, des kapos et des traitres en herbe...
C'est aussi, pour certain l'école de la solitude.
LD