Après concert

Publié le par Lionel Droitecour

Pieter Brueghel le Jeune (1565-1636), danse de noces en extérieur

Pieter Brueghel le Jeune (1565-1636), danse de noces en extérieur

Nous chantions « le Tourdion » ou bien « vide ton verre »,
Tout entier visités par une joie légère
Et les plus enragés sortaient leur partition,
Cherchant parmi eux qui savait donner le ton.

La Sainte Trinité, à s’en égosiller,
Farandole, dansait sa gigue en maint gosier
La rose de Ronsard ou le choral de Bach,
Aux agapes du vin, rivalisant au bar.

Et puis on chahutait : « Bientôt la mal mariée ! »
Quand des couples valsaient au son d’une musique
Au pot d’après concert, en la presse euphorique.

On rentrera bien tard, en cherchant son chemin,
Et d’avoir tant braillé, presque aphone, demain
Le silence hantera notre voix éraillée.

mars 2008

Publié dans Musique

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I
Superbe chant, c'est ce qui s'appelle un "canon" I presume ?
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I
Merci de ces précisions, qui ont eu au moins deux mérites : éclairer ma lanterne de néophyte sur le canon et me permettre de relire et savourer ton poème agrémenté d'une bonne rasade sonore de "tourdion" ! :-)
L
Eh bien pas exactement... Un canon, au sens strict, c'est une seule et même mélodie, chantée par plusieurs voix avec un décalage d'un ou plusieurs temps, et c'est de la superposition des voix née de ce décalage que se créé une harmonie.
Ici on a bien 4 mélodies distinctes, réparties entre soprano, alto, ténor et basse, lesquelles sont proposées par les interprètes en entrées successives, mais non pas en canon.
Mais bon, foin des discussions d'esthète, ne boudons pas notre plaisir...
Le tourdion est à l'origine une danse de la renaissance, transcrite plus tardivement sous forme de chanson à boire pour un chœur à 4 voix.
C'est un grand classique des pots d'après concert, ainsi que je l'exprime de le poème...