Satchmo

Publié le par Lionel Droitecour

Louis Armstrong, (1901-1971)

Louis Armstrong, (1901-1971)

Sa face réjouie cache un masque tragique
Où l’homme noir, livré à la libre Amérique,
Et vendu comme esclave en la Neuve Orléans,
À chanté sa misère en inversant les temps.

La trompette d’Armstrong vibre en sa note bleue
Et le cuivre rutile un verbe rocailleux,
Ruisseau, fleuve, rivière, océan de musique
Où le jazz à mûrit sa verve nostalgique.

Et, dans le sillon noir où la ségrégation
Reconnaissait un lieu aux âmes en haillons,
Sous le chant policé d’un monde merveilleux
,

Satchmo mène en riant sa guerre au monstre hideux
Qui asservit l’humain, exténué de racisme,
Ombre dans son regard empli de scepticisme.

novembre 2007

C'est très exactement cette vidéo qui m'a inspiré ce poème.

Sous le visage jovial du grand "entertainer",
il me semble apercevoir, aux interstices, entre les couplets de la chanson,
le visage tragique d'un homme sans illusion.

 

Publié dans Musique

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