Prévert

Publié le par Lionel Droitecour

Jacques Prévert, (1900 -1977)

Jacques Prévert, (1900 -1977)

Pour faire le portrait d’un oiseau
De proie
Il faut ni une, ni trois,

Se coltiner dans les alpages
En chaussant sur son nez,
Qu’on n’a pas à ses pieds,

La lunette qu’on nomme
D’astronome :
Patience, mon bonhomme.

C’est le moment, dans les alpages
D’être à la page
Et, triple buse,

À force de ruse
Il arrive parfois
Qu’on voie

Là haut, si haut,
Planant, l’oiseau.
Alors bien vite, à l’aquarelle,

S’il ne s’enfuit à tire d’aile ;
Tout au milieu du ciel
Au dessus des neiges éternelles,

Qui sont si belles,
Au pinceau fin
On fait un point.

Un point c’est tout
Puisque l’on y voit rien du tout,
Dans la lunette ;

C’est trop bête !
Mais lui de son œil d’aigle,
Pendant qu’on règle,

Il nous repère ;
Comme une mouche sur la terre
Au beau milieu d’un grand pré vert.

avril 2007

Publié dans Paraphrase

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L
SUPERBE ...,belle chute ...!

J'ai toujours aimé Prévert..c'est pour moi un re-père ...à savourer !

Luma
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