Maître Jean

Publié le par Lionel Droitecour

Telle qu'en mes livres d'écolier, pour autant qu'il m'en souvienne...

Telle qu'en mes livres d'écolier, pour autant qu'il m'en souvienne...

Le corbeau, le renard, le lion, pris dans les rets,
La fourmi, la cigale et la mouche du coche
Furent ma compagnie, du temps que j’étais mioche.

Le maître nous disait, lorsqu’il était content,
Et que l’heure trainait sur nos cœurs impatients :
« Vous êtes sages, bien ! Une fable lirai ! »

Ah, vieil instituteur, que vous fûtes savant
De faire d’un devoir une humble récompense
Et de notre leçon un plaisir, une chance !

Et, lorsque vous chaussiez, silencieux, vos lorgnons,
Dans le livre cherchant le signet, comme un don,
Assis, les bras croisés, nous attendions, rêvant.

« On a souvent besoin d’un plus petit que soi… »
Sans que cela fut dit nous savions que ces pages
Recelaient un mystère et de belles images.

Et votre voix ornait nos imaginations
Aux portes du savoir, guidant nos émotions
Au ciel de Maître Jean, où nous nous tenions cois.

juin 2010

Publié dans Souvenirs

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