Défaite du silence

Publié le par Lionel Droitecour

Défaite du silence

Le vieux maître surgit qui dépasse l’épure
Et l’instrument devient truchement de son âme.
Et qu’importe l’archet, la table d’harmonie,
Le souffle, le roseau, la clef ou l’embouchure ?

La matière vaincue se plie à son vouloir
Et par sa vibration l’espace communie
À cette fête étrange où l’homme est une flamme
Et danse sous l'éther qui semble s’émouvoir.

À l’orbe de son corps harassé de vieillard
Il s’invente une aurore où l’onde perpétue
Cet éternel désir projeté vers demain,

Et, dans un dernier cri épousé par sa main,
Dans l’ombre, effarouché, le silence s’est tû
Qui craint comme un démon cet écho de son art.

Juillet 2008

Franz Liszt (1811 - 1886), Consolation Nr 3 par Vladimir Horowitz

Publié dans Musique

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