Au port de notre angoisse

Publié le par Lionel Droitecour

Théodore Gudin (1802-1880), vue marine, clair de lune

Théodore Gudin (1802-1880), vue marine, clair de lune

J’avais suivi votre ombre, un soir, à la dérive,
On s’attache parfois à une ombre qui passe,
Passager dérisoire, entravé par la nuit,
Au songe inabouti de ce voyage étrange.

Aux marges de l’oubli la solitude échange
En cette rêverie ce qui meurt ou bien bruit
Dans notre âme en partance au port de notre angoisse.
Alors on fuit, on suit, caboteur en sa rive,

Un inconnu qui marche et partage en silence
Ce mal qui nous unit aux nœuds de notre chair.
Là, dans le claquement de ce pas qui résonne,

Sans qu’un mot ne soit dit, quelque chose claironne
Et lance en l’infini de la nue en jachère
L’appel inconsolé, pâle, d’une autre errance.

septembre 2008

Publié dans Marine

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