Le marchand d’enfants

Publié le par Lionel Droitecour

Vincent van Gogh (1853-1890), premiers pas, d'après  Jean-François Millet, ci-dessous

Vincent van Gogh (1853-1890), premiers pas, d'après Jean-François Millet, ci-dessous

J’aimais, de mes marmots, le soir, en la chambrette
Accompagner gaiement le rite couchatoire.
C’étaient fables, récits, toujours un peu les mêmes,
Des chatouilles, des niches ; ces papouilleries

Dont on aime, en blaguant, saouler d’agaceries
Nos chers petits poussins dans leur candeur extrême.
Pince-sans-rire, un jour, sérieux comme un grimoire
Je dis à mon Clément « Vilain monstre à deux têtes,

T’es vraiment trop méchant, j’te rapporte au marchand ! »
Un nuage aussitôt couvrit ce clair rivage…
« Mais c’était l’plus mignon, j’en ai plus en rayon !

- Ah ben j’le garde alors mon gentil p’tit ch’napan… »
Et d’un bon gros baiser j’ai lissé sur son front
L’inquiétude froissant, un instant, son visage.

avril 2006

Jean-François Millet (1814-1875), Premiers pas, 1859

Jean-François Millet (1814-1875), Premiers pas, 1859

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