Cantabile

Publié le par Lionel Droitecour

Andrea Sacchi (1599-1661), Didon abandonnée

Andrea Sacchi (1599-1661), Didon abandonnée

Cueilli et mis à nu ; bouleversé, vaincu
Et comme transpercé ; le cœur enflé soudain,
Les yeux emplis de larmes et, dans l’air raréfié,
S’effarer d’exister, touchant peut-être à Dieu.

Comme de l’émeri, toujours au même endroit,
La musique use l’âme, avivant la blessure ;
Séparé, amoindri, pourtant transfiguré,
Comme hissé vers la nue par le crin de l’archet.

Puis revenir à soi en sa médiocrité,
Prisonnier de ce corps, presque désespéré,
Mais sauvé malgré tout par la grâce du chant.

Et, plein de gratitude, étonner le néant
D’un souffle qui se perd et se fond dans l’espace,
Réconforté, amer, fécond et dérisoire.

septembre 2007

Didon et Enée, opéra d'Henry Purcell

Publié dans Musique

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