Brume

Publié le par Lionel Droitecour

... Nimbées dans le silence irisé de cocons, elle touche, altérée, de sa bouche d'éther ...

... Nimbées dans le silence irisé de cocons, elle touche, altérée, de sa bouche d'éther ...

Pour marquer les quatre années d'existence de mon blog,
chaque jour de mars 2018, je publierai deux poèmes,
le second étant une réédition de l'un de ceux publiés en mars 2014.
Le choix de ce dernier sera celui du cœur...
Daté de janvier 1991 c'est l'un des plus anciens poèmes que j'ai écrit.
Je cherchais à rendre ce climat d'étrangeté qui nous saisit lorsque la brume
vient noyer un paysage familier, ​​​​jusqu’à nous le rendre vaguement inquiétant.

La brume, vers le soir, s'étale, vague et lente,
Et monte par les rues vers d'éternels azurs,
Incoercible souffle exhalé de la terre.
Rêvée au crépuscule en la nuit qui l'appelle,

Comme l'âme amoureuse à l'être aimé se mêle
Elle étreint, de son voile, opale délétère,
Une frêle inconnue, pâle en l'ombre des murs,
Noyée de son murmure en la ville indolente.

Indécise harmonie des peines ignorées,
Nimbées dans le silence irisé de cocons,
Elle touche, altérée, de sa bouche d'éther,

Cette bouche de sang où bat notre mystère
Et, consolante, pose, immatériels flocons,
Ses baisers de vapeur aux lèvres effleurées.

 janvier 1991

Publié dans Sensation

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