Bombances

Publié le par Lionel Droitecour

...Leur gestes rabâchés, modestes tâcherons, / Purgent les éboueurs la fange des palaces ...

...Leur gestes rabâchés, modestes tâcherons, / Purgent les éboueurs la fange des palaces ...

Pour marquer les quatre années d'existence de mon blog, chaque jour de mars 2018,
je publierai deux poèmes, le second étant une réédition de l'un de ceux
publiés en mars 2014. Le choix de ce dernier sera celui du cœur...
Coté cœur ce sera, aujourd'hui plutôt haut-le-cœur,
du côté des poubelles qui débordent en nos rues,
puantes et bien peu ragoûtantes, beurk, beurk, beurk, le poème !

Dans la rue fraîche et claire, au mitan des étés,
Dès le petit matin s’entassent les poubelles,
Pourritures, relents aux portes des venelles,
Bombances, reliefs obscènes, répétés.

La puanteur s’invite à l’heure du laitier,
En l’intime pensée, sur fond d'azur vermeil,
Elle corrompt l’éther, la fille du sommeil
Assassine le rêve : on croirait un charnier

Dessous le ciel béant. Les bennes viennent, vont,
Leur gestes rabâchés, modestes tâcherons,
Purgent les éboueurs la fange des palaces.

Aux bords de l’humble aurore, aux villes rassasiées
Rangées, propres, gavées, et de places en places,
Recommence le bal des viandes avariées.

juin 2004

 

 

Publié dans Sensation

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